Boucler 15 heures de formation chaque année a un coût, alors forcément, la question du gratuit revient tout le temps. La bonne nouvelle : il en existe. La moins bonne : certaines heures gratuites ne passeraient pas un contrôle. Quant au vrai zéro euro, il se cache rarement là où on le cherche. On fait le tri.
Ce qui existe réellement en gratuit
Trois familles de « gratuit » circulent sur le marché, et elles ne jouent pas dans la même cour :
- Les formations internes des compagnies et grossistes : beaucoup d'assureurs forment gratuitement leurs réseaux de distribution. C'est légitime : le code des assurances autorise expressément les entreprises d'assurance et les intermédiaires à dispenser la formation continue.
- Les webinaires et conférences du secteur : certains comptent, s'ils sont conçus pour être éligibles et donnent lieu à une attestation en bonne et due forme ; beaucoup ne cochent pas ces cases.
- Les contenus libres (articles, vidéos, podcasts) : utiles pour la veille, mais sans attestation ni traçabilité, ils ne valident aucune heure.
Les 3 points à vérifier avant de compter ces heures
Peu importe le prix d'une formation : gratuite ou payante, elle doit passer le même filtre réglementaire. Avant d'inscrire des heures gratuites dans votre décompte, vérifiez :
- Les thèmes : ils doivent correspondre aux compétences éligibles listées par l'arrêté du 26 septembre 2018 (réglementaire, produits, relation client, conformité…). Une présentation commerciale d'un nouveau produit maison, sans dimension de formation, ne compte pas.
- L'attestation : elle doit mentionner l'entité qui a dispensé la formation, la date, la durée effective et les thèmes couverts. Sans elle, impossible de produire le justificatif exigé par l'article R512-13-1.
- La traçabilité de la durée : 15 heures, ça se prouve. Un webinaire d'une heure vaut une heure ; « environ une demi-journée » ne vaut rien devant un contrôleur.
Compter en décembre sur des heures gratuites accumulées « au fil de l'eau »… et découvrir qu'aucune n'est correctement attestée.
Les heures se vérifient au moment où on les suit, pas au moment où l'ORIAS les demande.
Le vrai gratuit : le financement à 100 %
La piste que beaucoup d'intermédiaires oublient : une formation payante intégralement prise en charge revient à zéro euro de reste à charge, avec la qualité et l'attestation d'un organisme dédié. Selon votre statut :
| Votre situation | Financeur | À savoir |
|---|---|---|
| Salarié (cabinet, compagnie) | OPCO de la branche (Atlas pour l'assurance) | Demande portée par l'employeur |
| Indépendant en profession libérale | FIF-PL | Budget annuel par professionnel |
| Gérant majoritaire, indépendant commerçant | AGEFICE | Selon votre code d'activité |
La formation continue DDA n'étant pas certifiante, elle n'est pas éligible au CPF : les trois dispositifs ci-dessus sont vos vraies portes d'entrée. Le montage du dossier prend quelques minutes et se fait avant l'inscription.
Choisir sereinement
Que vous optiez pour du gratuit vérifié, du financé ou du payant, le raisonnement reste celui de vos 15 heures annuelles : des thèmes éligibles, une attestation conforme, un dossier tenu à jour (conservé, pas envoyé). Le prix est un critère ; la capacité à passer un contrôle en est un autre, et c'est le seul qui compte le jour où on vous demande vos justificatifs.
Questions fréquentes
Oui, si elle porte sur les thèmes éligibles de l'arrêté du 26 septembre 2018, qu'elle donne lieu à une attestation conforme (organisme, date, durée, thèmes) et que sa durée est traçable. Ces trois conditions valent pour toute formation, gratuite ou payante.
Sources
- Article R512-13-1 du code des assurances (formation continue et justificatifs) · legifrance.gouv.fr
- Arrêté du 26 septembre 2018, liste des compétences éligibles · legifrance.gouv.fr
- ORIAS, registre unique des intermédiaires · orias.fr